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La presse de mode et l’évolution du travail des femmes (1920‑1960)
Des pages glacées aux rubriques pratiques, la presse féminine accompagne et façonne l’entrée des femmes dans le monde du travail. Entre élégance et fonctionnalité, elle raconte une révolution discrète mais décisive.
- 18 juin 2026, 19:00 - 20:15
Dans les décennies 1920 et 1960, la presse de mode ne se contente plus de dicter les tendances : elle devient le miroir d’une transformation sociale majeure. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, les magazines les plus prestigieux continuent certes d’associer le travail aux seules activités domestiques. Mais, peu à peu, leurs pages laissent entrevoir un horizon plus large : celui de carrières féminines en pleine expansion, en particulier dans les métiers du tertiaire.
Cette évolution s’incarne aussi dans les silhouettes. Une nouvelle garde-robe émerge, pensée pour accompagner les gestes du quotidien professionnel : pratique, confortable, sans renoncer à l’élégance. L’essor du sportswear joue un rôle décisif dans cette mutation, en imposant des codes vestimentaires plus souples et fonctionnels.
Dans les années 1960, le mouvement s’accélère nettement. Les périodiques consacrent davantage de place aux parcours de formation, aux débouchés professionnels et aux ambitions féminines. Des reportages mettent en lumière de nouveaux visages : journalistes, employées de bureau, femmes engagées en politique. Loin de réduire le vêtement à un uniforme, la presse spécialisée valorise un équilibre subtil entre modernité, style et efficacité dans l’espace professionnel.
Cette conférence propose d’explorer la manière dont la presse féminine a accompagné — et parfois anticipé — l’accès des femmes au travail, en particulier dans le secteur tertiaire, révélant ainsi les mutations profondes des rôles et des représentations au XXe siècle.
Marine Chaleroux
Marine Chaleroux est doctorante en histoire contemporaine à l’Université d’Angers, au sein du laboratoire TEMOS (CNRS), sous la direction de Christine Bard. Ses recherches portent sur l’émancipation féminine dans la presse de mode des années 1920 et 1960, à travers une approche comparée entre Paris, Londres et New York.
Elle enseigne actuellement l’histoire de la mode et de la culture visuelle dans plusieurs établissements, parmi lesquels l’American University of Paris, l’ENSAD et l’IFM. Elle a également co‑organisé en 2022 un colloque consacré à la figure de la « garçonne » et participe aux activités éditoriales de Musea, plateforme dédiée à l’histoire des femmes et du genre. Ses travaux donnent lieu à des publications scientifiques et de vulgarisation, notamment dans The Conversation.